Coming-out

1980.
Brest. Port du Finistère. À la fois fin de la terre et début du monde. L’endroit d’où l’on part et où l’on arrive. Où l’on revient. Ça ne pouvait pas se passer autrement. Outremer.

J’ai passé mon enfance à rêver, dessiner, inventer des histoires, bidouiller l’appareil photo de mon Papa.
Les premières écritures, un peu de musique et une passion dévorante pour le cinéma et la bande-dessinée sont venus soulager mes inquiétudes d’adolescence. Et toujours le dessin et la photo. Surtout la photo. Raconter des histoires, sur tout. Je voulais entrer dans une école, « faire » du Cinéma.

À force de l’entendre, j’ai fini par penser moi-même, plus ou moins sincèrement, que ces activités étaient réservées aux seuls enfants. Que les rêves ne sont que des mirages. Je me suis perdue dans une vie d’adulte qui ne me correspondait pas. Temps de l’exil.
Trop gauche pour le costume droit qu’on voulait me tailler.

Il m’aura fallu vingt ans pour rajeunir, rentrer par les sentiers sinueux, revenir à ce qui était sous mes yeux depuis si longtemps, qui je suis, ce que je fais le plus naturellement : écrire, créer, explorer, interroger. Après avoir passé du temps à l’admettre moi-même, voici donc le « coming-out ».

J’écris.
Et j’aime ça.

Rentrer au port pour mieux repartir, voir le monde avec un autre regard, ouvrir les yeux sur d’autres mondes.

 

Lussye

 

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