Tunnel – Avant propos

TUNNEL
A. − Galerie souterraine, généralement voûtée, percée à travers une montagne, sous un cours d’eau ou sous une grande ville pour permettre le passage d’une voie de communication. Court, long tunnel ; tunnel ferroviaire, routier, sous-marin ; tunnel sous le Mont-Blanc ; sous la Manche ; ouverture, entrée, sortie du tunnel ; percement d’un tunnel ; creuser, percer un tunnel ; s’engouffrer dans un tunnel. Quand le train s’est remis en marche pour s’enfoncer dans le tunnel, la lumière n’était pas encore allumée (…) ; il y a eu quelques instants de noir absolu, puis l’issue vert émeraude, cette trouée de ciel crépusculaire au-dessus des vallées sombres, raides et vastes du Piémont (Butor, Modif., 1957, p. 192).
♦ [À propos d’une galerie creusée dans la terre par un animal] Tunnel d’une taupe; tunnels d’une fourmilière. [Le blaireau] creuse des galeries et s’enfonce dans le sol. Il multiplie les tunnels (Pesquidoux, Chez nous, 1921, p. 9).
♦ [À propos d’un objet naturel ou fabriqué] Tunnel de feuillage, de verdure. Soudain le tunnel d’une forêt feuillue, désertée, au sol rebondissant sous les gouttes (Gracq, Beau tén., 1945, p. 72).
B. − Au fig. Longue période de difficultés, de souffrances physiques ou morales dont on ne voit pas la fin. Être dans le tunnel ; arriver au bout, voir la fin du tunnel. L’impression de sortir d’un tunnel, de trouver la lumière, de commencer vraiment une nouvelle vie ! (Martin du G., J. Barois, 1913, p. 546). Je parle des incurables, de ceux dont la maladie n’est pas un tunnel vite traversé (Mauriac, Journal 1, 1934, p. 53).
Arg. du théâtre. Long monologue où l’acteur peut être sujet à un trou de mémoire. Entrer dans un tunnel. J’attaque le grand monologue de don Carlos (…) le plus sacré tunnel de tous les tunnels (Arnoux, Zulma, 1960, p. 296).
C. − Spécialement
1. CIRQUE. Accessoire utilisé dans les numéros équestres : sorte de tonneau sans fond à travers lequel passe l’écuyère. Couloir de grilles qui amène les fauves de la voiture-ménagerie à la cage centrale (Giteau 1970).
2. HORTIC. Abri de forme demi-cylindrique utilisé pour les cultures maraîchères.
3. GÉOL. Tunnel (de lave). Cavité située sous la croûte d’une coulée de lave. Si la lave s’échappe de sous la carapace par flots successifs (…), il se forme des cavernes de lave (…) des tunnels (Baulig1956).
4. MAR. Espace bordé de tôles qui abrite l’arbre entre la chambre des machines et le presse-étoupe. J’avais 4 ou 5 ans, et l’on ne voyait que moi à bord, escorté de mon matelot (…) me promenant dans les machines et jusqu’au bout du tunnel des arbres de couche, là où il faut se glisser en rampant pour atteindre le point où l’on sent gargouiller les hélices, vibrer la coque comme une membrane (Cendrars, Bourlinguer, 1948, p. 26).
5. MÉCAN. DES FLUIDES. Tunnel (aérodynamique). Chambre d’expérience d’une soufflerie.
6. PHYS., en appos. Effet tunnel. Phénomène de microphysique par lequel un électron peut franchir une barrière de potentiel en raison des lois de la mécanique des fluides (et contrairement aux lois de la mécanique newtonienne).
7. TECHNOL. Appareil, chambre d’expérimentation de forme très allongée et dans lequel se déroule une opération.
(Source : CNRTL, TLFi)

D. − Au fig. Construction longue et hasardeuse, passage obscur dont on ne voit pas la sortie, tout en sachant qu’elle existe et que tout cela mène bien quelque part. J’avançais dans mon tunnel, en avais en tout cas la sensation et, si je ne voyais pas encore la sortie, je percevais de temps en temps un léger filet d’air qui effleurait ma peau et venait me réchauffer. Parfois il m’arrivait aussi d’en heurter violemment les parois. (Lucie Renaudin., Pan ! Dans la gueule, 2017, p. -273,15).

 

Non, tunnel n’est pas le titre du roman. C’est une sensation. Une esquisse.

Difficile en effet de résumer une expérience dont les prémices (conscientes) remontent à 2012… Une idée, plusieurs qui se rejoignent, se lient sans qu’on ne leur demande rien, des personnages qui jaillissent pour faire face aux situations qui en découlent. Et l’écriture. Lente. Les doutes. Permanents. Le long apprentissage de ne pas céder à l’auto-destruction, même lorsque l’on trouve que c’est mauvais, ou pas assez bon. Continuer. Parfois le plaisir d’une trouvaille, la surprise des coïncidences. Se blesser contre les parois, se perdre dans l’obscurité mais sentir, imaginer, presque imperceptibles, le souffle tiède de la sortie, un point lumineux, tête d’épingle promesse d’un accomplissement, d’une satisfaction. Une libération. Ligne d’arrivée d’une traversée solitaire qui n’a que trop duré.

Vous trouverez donc ici les premiers fragments constitutifs du roman en cours, nom de code DUCALA (D’un crépuscule à l’autre), tels qu’ils sont sur l’établi : loin d’être parfaits, ils prennent forme petit à petit, à force d’appren-tissage, de recul, de temps et d’ouvrage.
N’hésitez pas à laisser vos commentaires, critiques positives ou négatives, mais constructives et bienveillantes.
Je n’en tiendrai pas compte.
Mais quand même un p’tit peu…

Bonnes lectures,

 

Papotage

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *