Salon du Livrion – Concours de micro-fictions – Image-texte 3

Ma chérie,

J’espère que ce message te parviendra. Je ne sais pas quand, ni où tu seras… Dès maintenant ? Bien plus tard ? Peut-être l’as-tu déjà reçu.
Ici ça va. Tout est différent de mes souvenirs. Si changeant, et pourtant si permanent. Un peu comme à la maison finalement ! Si loin et si proche…
Tu auras un aperçu avec l’impression que je te joins, mais ne t’y fie pas trop. Elle n’a déjà plus grand chose de commun lorsque je te dis ces mots. Juste fidèle un instant. Je ne pourrais pas te décrire l’endroit où je suis. Tu ne pourrais pas comprendre. Je sais que tu n’es pas bête, hein. Mais tout ce qui m’entoure est tellement loin de ce que tu connais, de ce que tu pourrais concevoir… Nous croyons tout connaître, et puis… Ce que le cerveau humain est capable de comprendre est si dérisoire. Ce que nous appelons réel… Un masque grossier.
Je ne sais pas s’il me sera possible de te contacter de nouveau. Sans doute pas. Je ne vais peut-être pas rester. La seule chose qu’il te faut savoir est que rien n’a d’importance. Tout cela n’est qu’un battement de cils. Tout au plus.
Amuse-toi, rêve, profite. Il n’y a pas d’autre but. Aucun enjeu.
Ta mèche rebelle boucle sur tes cheveux raides. Mon petit ange. Tu dors exactement de la même façon que quand tu étais petite. Tâche de retrouver l’insouciance de ton enfance, c’est ce qu’il y a de plus vrai. Tu as dû mûrir trop vite. Suis ton cœur. C’est comme ça qu’on grandit. Un cœur assez fort pour rester juste, malgré les peurs. Tout le reste n’est que fadaises. Je dépose un baiser sur ton front. Je ne peux pas rester.
Je ne dois pas rester.
Je t’aime.

Papa

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